Karl Popper

«L'improbabilité de la coïncidence de la vie avec un environnement possible pour elle, c'est-à-dire adapté, est sans doute aussi grande que celle de l'apparition de la vie elle-même.» Car, «l'adaptation de la vie à son environnement représente en effet une espèce de connaissance.(...) Nous pouvons, si nous le voulons, décrire carrément la vie comme une résolution de problème, et les organismes vivants comme les seuls êtres complexes de l’univers qui résolvent des problèmes. » En effet, « il y a énormément de savoir inné chez les plantes et les animaux.» Et on peut considérer que leurs «besoins innés sont des théories innées.» Mais, tandis que «l’amibe est éliminée lorsqu’elle fait une erreur.(…) Einstein, lui, recherche les erreurs.» Car, «en science, nous laissons nos hypothèses mourir à notre place.» Ainsi, chez nous, «le besoin pressant de découvrir notre environnement, den apprendre sur lui, bref de savoir (…)aboutit aux mythes, aux sorciers, aux prêtres.» Et enfin, «le besoin sera pressant aussi de posséder un dogme commun, et de se suggérer réciproquement la vérité de ce dogme.» Ainsi, «on craint l’insécurité, et le dogme devient une croyance fanatique.»