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Frédéric Gros développe la notion de «norme dont le fonctionnement est irréductible au vieux système de la Loi. La norme tente en effet d’atteindre l’intériorité des conduites individuelles afin de leur imposer une courbe déterminée. Elle ne saisit pas l’individu à l’occasion d’actes précis et ponctuels, mais tâche d’investir la totalité de l’existence.» De fait, «la norme est diffuse, sournoise, indirecte: elle finit par s’imposer au détour de mille et mille réprimandes mesquines.» Or, «c’est la forme de l’examen qui s’impose comme corollaire du pouvoir disciplinaire,(…) l’examen, à l’école, à l’hôpital, à l’usine, assure l’objectivation des corps dociles.(…) C’est lui qui nous fabrique des identités conformes au pouvoir disciplinaire.» À ces “rituels de vérité“, s’oppose la parrhèsia, «un dire-vrai qui ne relève ni d’une stratégie de démonstration, ni d’un art de la persuasion, ni d’une pédagogieCar, «dans la parrhèsia celui qui parle se lie au contenu vrai de son discours, non plus cependant comme dans l’aveu sous la forme de l’obéissance à l’Autre et dans l’espoir du salut, mais, dans le risque courageux de sa propre mort, pour manifester un rapport à soi structuré par la liberté.»