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Selon Bernard Rimé, «les gens ne peuvent se satisfaire de sentiments misérables pour eux-mêmes. Dans cette perspective, leur action leur paraîtrait dérisoire et ils en éprouveraient nécessairement une anxiété massive. Il faut donc élaborer une théorie implicite de sa propre valeur.» Dans le même ordre d’idée, «les gens raisonnent et se comportent comme si le monde était naturellement régi par un principe de justice.(…) Chaque jour, des accidents se produisent et des maladies se déclarent un peu partout. Si on accepte qu'ils sont le fait du hasard, on s'expose soi-même à une fameuse menace.» Ainsi, «sa situation dans le monde inspire à l'individu humain des craintes», conséquences de «ses capacités symboliques qui lui donnent la conscience de sa propre précarité. Si elle est excessive cette lucidité constitue une entrave au déploiement de conduites adaptatives: la crainte est paralysante.» En somme, «l'univers virtuel sur lequel s'appuie l'individu pour ses transactions avec le réel est largement teinté d'irréalisme, du moins pour ce qui concerne ses structures abstraites [postulats]. De cette manière, cet univers remplit des fonctions de bouclier symbolique contre les menaces auxquelles le système symbolique expose l'individu.»