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Serge Tisseron nous décrit ainsi la fonction du robot: «Il sera programmé de façon à manifester des réactions relativement imprévisibles, mais toujours acceptables. Son "intelligence" sera de proposer à son utilisateur des situations qu'il n'avait pas anticipées, mais auxquelles il aura les moyens de répondre. Ce rôle dévolu à l'intelligence artificielle est au cœur des jeux vidéo.» Or, «le risque est que l'homme finisse par attendre de ses semblables qu'ils se comportent comme des robots.» Autrement dit, comme «des humains parfaits en quelque sorte, qui nous assureraient en toutes circonstances de l'échange, mais jamais du refus, et de la surprise calculée, mais jamais de la trahison.» Or, cela rejoint l’idée naïve que «se donner un visage heureux serait non seulement la meilleure façon de convaincre ceux que nous rencontrons que nous sommes enviables, mais aussi de le devenir. En réalité, l'homme est partagé à chaque moment entre un désir d'authenticité et un désir de simulation sociale. Et c'est cette tension qui fait sa richesse, son originalité, et évidemment son caractère imprévisible.»