M.-F. Hirigoyen

«Le propre du pervers est de défier les lois. Son but est de dérouter l'interlocuteur en lui montrant que son système de valeurs morales ne fonctionne pas.(...) L'idéal pour le pervers est de parvenir à ce que l'autre devienne "mauvais", ce qui transforme la malignité en état normal.» On dira que «les pervers narcissiques ne sont que des machines à reflets qui cherchent en vain leur image dans le miroir des autres.(...) Les déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de revanche.(...) Ce n'est pas, comme chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est une rancune inflexible à laquelle le pervers applique toutes ses capacités de raisonnement.» Manifestement, «dans un système qui fonctionne sur la loi du plus fort, du plus malin, les pervers sont rois. Quand la réussite est la principale valeur, l'honnêteté paraît faiblesse et la perversité prend un air de débrouillardise.» C'est que notre époque a «perdu les limites morales ou religieuses qui constituaient une sorte de code de civilité et qui pouvaient nous faire dire: "Cela ne se fait pas !"»