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Pour Guillaume Erner, il paraît clair qu’à notre époque «l’idéal collectif est celui de l’être autonome, vivant conformément à son libre arbitraire. Toute entorse à cette conception de la liberté est susceptible de le transformer en victime.» Mais il pointe à ce sujet l’ambivalence des sentiments en constatant que «depuis des siècles, la victime sur laquelle on sapitoie un jour est bien souvent celle qu’on persécute le lendemain», moignant de «la facilité avec laquelle la compassion peut fabriquer du stigmate.» Selon lui, l’ambivalence à l’égard de la victime «coule directement de la tendance décrite par Max Weber à "traiter la souffrance comme un symptôme de la haine divine et dune culpabilité secrète".» Par ailleurs, «la pensée commune attribue aux individus un rôle déterminant dans la conduite de leur propre existence.» Pas étonnant que «dans ce contexte, la victime est considérée comme responsable, et peut-être même coupable, de son propre malheur.»