Georges Palante

«La sensibilité individualiste (...) se détermine par réaction contre une réalité sociale à laquelle elle ne peut ou ne veut point se plier.(...) Fermé aux affections corporatives et solidaristes, l'individualiste reste accessible aux affections électives ; il est très capable d'amitié.(...) Le trait dominant de la sensibilité individualiste est en effet celui-ci : le sentiment de la "différence" humaine, de l'unicité des personnes. L'individualiste aime cette "différence" non seulement en soi, mais chez autrui.(...) La sensibilité sociale ou grégaire se complaît dans la banalité des traits ; elle aime qu'on soit "comme tout le monde".(...)  Ceux qui invoquent la philosophie solidariste sont, la plupart du temps, des personnalités absorbantes et autoritaires, des ambitieux à qui l'idée solidariste sert de prétexte pour étendre leur empire sur les autres volontés. Ces gens interdisent à l'individualiste l'isolement comme une immoralité.(...) L'individualiste fait résider toute sa valeur et tout son bien non dans ce qu'il possède, ni dans ce qu'il représente, mais dans ce qu'il est.»