Reboul&Moechler

«L’attribution d’états mentaux à autrui est indissociable de l’usage du langage.» De la sorte, une “stratégie de l’interprète“ «permet de passer du simple décodage, qui ne livre qu’une interprétation partielle des phrases, à leur interprétation complète.» Laquelle «revient à l’attribution, à son locuteur, d’une intention globale.» Dès lors, «plus cette intention globale est facile à construire (moins son coût de construction est important), plus elle est riche et complexe, plus on aura tendance à juger que le discours en question (et son producteur) est cohérent.(…) Des processus très similaires sont à l’œuvre lorsque nous finissons une phrase pour quelqu’un.» Ainsi, «tout énoncé suscite chez l’interlocuteur l’attente de sa propre pertinence.» Il s’agit donc d’un, «fonctionnement axé sur la recherche et l’optimisation de la pertinence, ou, en d’autres termes, sur le rendement.» Mais ça «n'est pas un principe normatif qui impose au locuteur de prononcer des énoncés pertinents et uniquement des énoncés pertinents: c’est un principe d’interprétation que l’interlocuteur utilise inconsciemment lors du processus d’interprétation.»