Lynn Margulis & Dorion Sagan

«Les hommes font partie d'un réseau dense qui remonte à la prise de possession de la Terre par les bactéries.» De fait, «les plantes, les champignons et les animaux ont émergé du microcosme. Sous les différences superficielles qui les séparent, tous sont, hommes compris, des communautés ambulantes de bactéries.» D'ailleurs, «il n'est pas absurde de postuler que la conscience même qui permet aux hommes d'explorer les accomplissements de leurs cellules naquit peut-être de la concertation de millions de microbes qui mirent leurs facultés en commun et évoluèrent pour devenir le cerveau humain.» On pourrait même dire que «le microcosme évolue au travers des êtres humains.» C'est dire aussi que «les pouvoirs de l'intelligence et de la technologie des hommes ne leur appartiennent pas en propre, ils appartiennent à toute la vie.» Au fond, «que les humains transportent dans l'espace l'environnement primitif de l'antique microcosme ou qu'ils meurent en essayant d'y parvenir, la vie semble véritablement tentée d'aller dans cette direction.» Or, «seule l'exploration scientifique complète des mécanismes de contrôle de Gaïa nous permet d'espérer construire des habitats autosuffisants dans l'espace.»