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Éric Sadin avertit le monde moderne d’une «emprise symbolique du "génie électronique", qui s'impose et s'étend par la force de ses innombrables "miracles quotidiens", se révélant dorénavant comme une sorte d'entité religieuse diffuse et impersonnelle,» suscitant «une foi ambiante en un "réenchantement possible du monde".» De sorte qu’un «mouvement de "délégation" non délibéré (...) s'est peu à peu constitué, à l'attention de "systèmes intuitifs" ou d'une sorte d'humanité parallèle chargée d’œuvrer à la "bonne conduite" du monde.» Au final, «c'est le sujet moderne qui peu à peu se dissout, celui issu de la tradition humaniste instituant l'individu comme un être singulier et libre, pleinement conscient et responsable de ses actes. C'est le pouvoir du politique fondé sur la délibération et l'engagement de la décision qui s'effrite, pour progressivement concéder à des résultats statistiques et à des projections algorithmiques le soin d'instruire et de décider de choix publiques.»