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Harold Searles a cette formule: «il faut que le thérapeute s'habitue à ce que le patient joue de la lyre pendant que Rome brûle.» Pour se rendre compte petit à petit «que les communications affolantes du patient, maintenant que la découverte de leur signification sadique ("rendre fou") lui a permis de les voir sous un autre jour, comportent au fond un élément de jeu qui est sain,(…) c'est le chaos du jeu que peuvent partager une mère et son enfant (ou deux petits enfants).» Alors, «en s'identifiant à ce thérapeute stable et constant qui peut ignorer les désordres de la folie, le patient peut à son tour les ignorer et aller de l'avant en exerçant ses fonctions du moi plus saines.» Finalement, «c’est seulement lorsqu'il aura mûri au point que son amour sera devenu plus grand que sa haine, et qu'il se sentira convaincu que c'est ainsi, qu'il aura alors la certitude que la condition mortelle de l'homme ne lui est pas personnellement imputable. Avant d'en arriver là, il a tendance à tenir pour équivalents le fait existentiel de la victoire finale de la mort et le fait que sa haine triomphe chaque fois des forces d'amour qu'il porte en lui.» Car, «seul un être relativement total peut se sentir participer à la totalité de l'humanité, et ce sentiment rassure face à la connaissance de la mort.»