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Selon le point de vue évolutionniste de Robert Wright, «les êtres humains sont conçus pour évaluer leur environnement social et, une fois qu'ils ont découvert ce qui impressionne l'entourage, ils le font.» Car, «partout, les gens veulent éprouver de la fierté et non de la honte, inspirer le respect et non le mépris.» À telle enseigne que «ceux qui oublient de quêter l'approbation de leurs pairs sont qualifiés de sociopathes. Quant aux épithètes réservées aux autres qui, à l'inverse, recherchent l'estime avec ardeur – ceux qui font leur "autopromotion", les "arrivistes" –, elles ne font que révéler notre constitutionnel aveuglement : nous faisons tous notre autopromotion, nous sommes tous des arrivistes. Si certains sont gratifiés des épithètes en question, c'est qu'ils se sont montrés si efficaces qu'ils ont provoqué la jalousie, ou si maladroits que leurs efforts pour arriver sont devenus visibles.» Au fond, «les discours sociaux sensés conduire à la vérité – discours moraux, discours politiques et même parfois discours intellectuels – sont, à la lumière du darwinisme, de simples luttes pour le pouvoir.(…) Et cela contribue à nourrir un aspect central de la condition postmoderne : une forte incapacité à prendre les choses au sérieux.»