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Donald W. Winnicott considère «que nul être humain ne parvient à se libérer de la tension suscitée par la mise en relation de la réalité du dedans et de la réalité du dehors»; et «que cette tension peut être soulagée par l’existence d’une aire intermédiaire d’expérience, qui n’est pas contestée (arts, religion, etc.). Cette aire intermédiaire est en continuité directe avec l’aire de jeu du petit enfant “perdu” dans un jeu.» Il s’agirait «avant tout d’un mode créatif de perception qui donne à l’individu le sentiment que la vie vaut la peine d’être vécue; ce qui s’oppose à un tel mode de perception, c’est une relation de complaisance soumise envers la réalité extérieure: le monde et tous ses éléments sont alors reconnus mais seulement comme étant ce à quoi il faut s’ajuster et s’adapter.» Or, «la soumission entraîne chez l’individu un sentiment de futilité, associé à l’idée que rien n’a d’importance.» Cependant, «même en cas de soumission extrême et d’établissement d’une fausse personnalité, il existe, cachée quelque part, une vie secrète qui est satisfaisante parce que créative ou propre à l’être humain dont il s’agit. Ce qu’elle a d’insatisfaisant est dû au fait qu’elle est cachée et, par conséquent, qu’elle ne s’enrichit pas au contact de l’expérience de la vie.»