Christine Tappolet

«Les émotions sont des perceptions des valeurs.» De plus, «l'intensité d'une émotion doit correspondre au degré de la valeur en question.» Aussi, «l'idéal de l'agent moral comme être purement rationnel et dénué de toute réaction émotionnelle doit (...) être substitué par celui d'un agent dont les émotions sont appropriées.» Par ailleurs, «nous sommes dotés d'une sensibilité à l'égard des valeurs susceptible de se détériorer, mais certainement aussi de se développer.» Par exemple, «en s'identifiant avec les personnages d'un roman, le lecteur revit les émotions de ces derniers. Grâce au contexte, cela lui enseigne non pas de manière théorique, mais à travers des exemples, quelles sont les situations susceptibles de mériter des émotions.» Ainsi, «le processus ne vise donc pas à transmettre de la connaissance au sujet des principes, mais modifie les dispositions émotionnelles de la personne, si bien que, dans les cas favorables, les émotions de cette dernière seront plus fréquemment appropriées.» Car, «le problème de celui qui souffre de faiblesse de la volonté, c'est que, bien qu'il croie fermement, et peut-être même de manière justifiée, que certaines actions sont désirables, cette croyance reste purement théorique.»