Jacques Arnould

Nombre de chrétiens se sentent acculés entre «accepter une conception naturaliste et renier leur foi ou nier la représentation scientifique pour préserver le contenu de leur foi.» D’où la prétention de la théologie naturelle de «parvenir à comprendre la nature et à affirmer l'existence de Dieu sans avoir recours à une mystique ou à une révélation, mais seulement à la sphère du sens commun et de la raison naturelle (celle de la logique, des mathématiques et des sciences).» Pour le Père Boulet, «il est strictement impossible qu'un animal, si complexifié soit-il dans le développement de ses neurones, devienne à un moment donné une personne capable de conscience réfléchie. De la matière ne peut jaillir l'esprit.» Il y a donc bien «recherche d'un accord entre la science et la foi... du moins jusqu'à un certain point, et ce point est clair : c'est le statut de l'être humain.» Car, «la proximité de l'homme avec l'animal, affirmée par la science, suffit-elleexpliquer nos penchants mauvais, jusqu'à nous en dédouaner ?» En fait, «une telle confusion entre représentation (scientifique) et conception (idéologique) n'est pas justifiée.» Car, la Bible «ne veut pas enseigner comment a été fait [comment va] le ciel, mais comment on va au ciel.»