Ludwig Wittgenstein

Pour marquer la distinction entre erreur et folie, nous avons l’exemple d’un «homme qui présumerait que tous nos calculs sont incertains et que nous ne pouvons nous fier à aucun dentre eux (il le justifierait en disant quil y a partout possibilité d’erreur), nous le donnerions peut-être pour fou. Mais pouvons-nous dire quil soit dans l’erreur ? N’est-ce pas simplement qu’il réagit autrement: nous nous fions à eux, lui non; nous sommes sûrs, lui non.» Il y a aussi l’exemple de l’élève qui «ne s’ouvre à aucune explication car il interrompt continuellement le maître en exprimant des doutes, par exemple quant à l’existence des choses, la signification des mots, etc.» On pourrait dire qu’il «n’a pas encore appris à poser des questions. Il na pas appris le jeu que nous voulons lui enseigner.» Par extension, «si nous disons savoir que, nous entendons par là que tout homme raisonnable, dans notre situation, le saurait aussi, que ce serait déraisonnable de le mettre en doute.» Ce qui conduit à s’interroger: «Le jeu de langage tout entier ne repose-t-il pas sur ce genre de certitude ?» Puisque manifestement, «ne joue pas le jeu ou le joue fautivement qui ne reconnaît pas les objets avec certitude.»