Richard Moran

«Dans le cas ordinaire de l'action intentionnelle, je ne "bouge pas mon corps" comme je pourrais bouger une pièce d'équipement, et je ne me rapporte pas non plus à mes attitudes comme à un mobilier mental à organiser.(...) Il est essentiel que la responsabilité spécifiquement en première personne envers son propre désir ne soit pas instrumentale.» Car en général, nous escomptons d’une personne, «parfois avec ardeur, qu'elle pense occuper une position où elle exprime ses sentiments et ses convictions, et ne se contente pas de donner sa meilleur opinion à leur sujet.» Il s’ensuit que «même si la morale et la métaphysique insistent toutes deux pour que nous prenions un point de vue objectif sur nous-mêmes et que lorsque nous délibérons, chacun de nous se considère comme n'étant qu'une personne parmi d'autres, cette exigence n'est pas dépourvue d'ambiguïté.» En effet, d’un côté «je suis déchargé de ma responsabilité car je suis obligé d'exprimer ma "nature", et en même temps, je ne suis pas contraint par ma nature, car en en faisant ainsi l'objet de mon jugement, j'exprime ma liberté et ma distance à son égard.»