30 janvier 2018

Carlo Strenger, La peur de l'insignifiance nous rend fou

  «Quand les autres accordent une valeur aux solutions que nous trouvons à nos conflits et drames individuels, nous pouvons avoir le sentiment que notre vie est réellement signifiante.» C'est qu'à la faveur de l’évolution, «le mécanisme qui aidait nos ancêtres à ne pas se battre jusqu'à la mort dans la lutte pour la prééminence, l'abandon du combat étant suivi d'une dépression légère, est devenu maintenant la source d'une épidémie.» En effet, «chacun ou presque a parfois le sentiment que la vraie vie ne saurait se limiter à... [Lire la suite]
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30 janvier 2018

Alain Supiot, Homo juridicus

  «Pour entrer dans l'univers du sens, tout homme doit abdiquer sa prétention à dicter le sens de l'univers, et reconnaître que ce sens dépasse son seul entendement.» On peut dès lors considérer que «la langue, la coutume, la religion, la loi, le rite sont autant de normes fondatrices de l'être humain qui, ainsi assuré d'un ordre existant, pourra y inscrire son action, fût-elle contestatrice.» Par exemple, «il est devenu sacrilège de traiter la personne comme une chose et irrationnel de traiter les choses comme des personnes.... [Lire la suite]
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30 janvier 2018

Christine Tappolet, Émotions et valeurs

«Les émotions sont des perceptions des valeurs.» De plus, «l'intensité d'une émotion doit correspondre au degré de la valeur en question.» Aussi, «l'idéal de l'agent moral comme être purement rationnel et dénué de toute réaction émotionnelle doit (...) être substitué par celui d'un agent dont les émotions sont appropriées.» Par ailleurs, «nous sommes dotés d'une sensibilité à l'égard des valeurs susceptible de se détériorer, mais certainement aussi de se développer.» Par exemple, «en s'identifiant avec les personnages d'un roman,... [Lire la suite]
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30 janvier 2018

Nicolas Tavaglione, Le dilemme du soldat

  Les "intuitions du bon voisin" «sont le produit d’une formation éthique à laquelle concourent depuis l’enfance toutes les “autorités” et qui vise à nous faire acquérir une seconde nature civilisée», de sorte que «nous attendons de nos voisins — chaque matin dans l’ascenseur — qu’ils aient une répugnance “naturelle” pour le meurtre. Cette “attente morale” nous est si familière qu’elle passe presque inaperçue.» Or, dans le cas particulier du citoyen dans une “guerre juste", «l’autorité de l’État (…) m’impose des mains sales... [Lire la suite]
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30 janvier 2018

Charles Taylor, Le malaise de la modernité

  "Si je ne suis pas sincère, je rate ma vie", "être sincère envers moi-même signifie être fidèle à ma propre originalité", "nous avons besoin des autres pour nous accomplir mais pas pour nous définir", voilà sur quelles maximes se fonde "l'idéal moderne de l'authenticité." Or, «le problème à propos de l'identité personnelle originale et qui émane de l'intérieur, c'est qu'elle ne dispose pas de reconnaissance a priori. Elle doit se la mériter à travers l'échange.» Il s'ensuit que, «nos sentiments, d'une certaine façon, ne sont... [Lire la suite]
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30 janvier 2018

René Thom, Prédire n'est pas expliquer

  «Ce que l'on appelle usuellement une forme, c'est toujours, en dernière analyse, une discontinuité qualitative sur un certain fond continu.(…) L'essence de la théorie c'est de ramener les discontinuités apparentes à la manifestation d'une évolution lente sous-jacente.» En effet, «le continu est en quelque sorte le substrat universel de la pensée.(…) Mais on ne peut rien penser de manière effective sans avoir quelque chose comme du discret dans ce déroulement continu des processus mentaux : il y a des mots, il y a des... [Lire la suite]
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30 janvier 2018

Serge Tisseron, Le jour où mon robot m'aimera

  Prochainement, le robot «sera programmé de façon à manifester des réactions relativement imprévisibles, mais toujours acceptables. Son "intelligence" sera de proposer à son utilisateur des situations qu'il n'avait pas anticipées, mais auxquelles il aura les moyens de répondre. Ce rôle dévolu à l'intelligence artificielle est au cœur des jeux vidéo.» Or, «le risque est que l'homme finisse par attendre de ses semblables qu'ils se comportent comme des robots.» Autrement dit, comme «des humains parfaits en quelque sorte, qui... [Lire la suite]
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30 janvier 2018

Serge Tisseron, Vérités et mensonges de nos émotions

  «La honte est une expérience catastrophique parce qu’elle menace en même temps les trois piliers sur lesquels est bâtie notre identité. Il s’agit de l’estime que chacun se porte à lui-même, de l’affection qui le lie à ses proches et de sa certitude de faire partie d’un groupe dont l’horizon est toujours l’ensemble des hommes.(…) La culpabilité, elle, menace l’estime de soi et l’assurance de bénéficier de l’affection de ses proches, mais n’atteint jamais le sentiment d’appartenance.» La meilleur défense serait d’opter pour... [Lire la suite]
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30 janvier 2018

Tzvetan Todorov, Les Aventuriers de l’absolu

  Tel est le «paradoxe de l’absolu individuel, à la fois conquis en toute liberté et ne dépendant pas de la volonté des sujets particuliers. L’idée même d’un absolu individuel est, bien sûr, problématique: si chaque individu décide souverainement de ce qui dans sa vie sera absolu, n’est-on pas, alors, ramené à ce relativisme que l’on croyait fuir ? Il y a certes problème, mais il n’est pas insoluble: c’est qu’il ne s’agit jamais d’un choix arbitraire.» En effet, «autant une vie est indéterminée avant d’être vécue, quelles... [Lire la suite]
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30 janvier 2018

Tzvetan Todorov, Un profil de Goethe

  «Goethe est convaincu que l'aspiration à l'inconditionné, à la totale liberté de la volonté est nuisible à l'action humaine.» Il évite cet écueil «grâce à un stratagème qu'il pratique souvent, en confiant cette soif de l'illimité à l'un de ses personnages, le conte Egmont : ayant objectivé ainsi ce sentiment, il peut prendre ses distances avec lui.» Il fait de même avec son Werther : «Si Goethe ne se suicide pas, ce n'est pas parce qu'il a élaboré un bon raisonnement ; c'est que, ayant tenté le geste, il n'y... [Lire la suite]
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