La soumission librement consentie

 

 

«Les gens n'ont pas accès aux déterminants de leurs jugements ou de leurs comportements, même s'ils ont, évidemment, des "théories" concernant ces déterminants.(...) Ces "théories" sont plus belles qu'exactes, leur fonction étant davantage de générer des images confortables de l'homme.» C'est pourquoi, «les gens évoquent volontiers des facteurs (le plus souvent internes) qui n'ont pu opérer et en négligent d'autres (le plus souvent externes) pourtant déterminants.» Il ne s'agit donc plus «de peser sur les idées pour modifier les comportements, mais (...) on s'efforcera d'obtenir de nouveaux comportements en supposant que ces nouveaux comportements ne manqueront pas d'affecter l'homme lui-même.» Vu sous cet angle, «l'engagement correspond, dans une situation donnée, aux conditions dans lesquelles la réalisation d'un acte ne peut être imputable qu'à celui qui l'a réalisé.» Or, «quand une personne est déclarée libre de faire ou de ne pas faire quelque chose, et qu'elle le fait, elle va se reconnaître dans cet acte et en assumer la signification.(...) La rationalisation est précisément le processus par lequel une personne ajuste a posteriori ce qu'elle pense (ses attitudes) ou ce qu'elle ressent (ses motivations) à l'acte qu'un agent de pouvoir a su obtenir d'elle.»