Comment vivre quand on ne croit en rien

«Comprendre qu'il n'y a pas de but, ni d'idée qui vaille qu'on se sacrifie pour elle, ni de saint auquel se vouer, est l'une des conditions d'accès à la vie bonne.(...) Il n'y a rien de mieux à espérer que ce qui s'offre ici et maintenant.» Aussi «débarrassons-nous au plus vite de l'opinion selon laquelle il nous incomberait de faire des choix.» Car, lorsque «nous nous efforçons de trancher sans délai, que nous nous sentons sommés de prendre parti, la chose est douloureuse et tout se passe comme si nous nous privions d'une potentialité, comme si nous annulions l'une de nos puissances d'agir, autrement dit, comme si nous nous divisions.» On peut y voir «une conséquence de la propagation dans le grand public d'une philosophie de l'existence qui n'est pas très éloignée de celle de Foucault, centrée sur l’idée qu'il faut prendre soin de soi et agir constamment selon un idéal de perfection.» Mais, «une fois que nous avons neutralisé le poison des idéologies, des fausses croyances et des grandes idées vagues,(...) nous devenons capables de moduler notre comportement selon nos tendances et les événements extérieurs; notre désir se coule naturellement dans le monde.»