L'éventail du vivant

 

«Lorsque les extinctions ont tellement élagué un buisson évolutif qu'il n'en subsiste plus qu'une seule lignée (...), nous inventons alors un roman faisant de cette poussière une apothéose de l'évolution.(...) N'identifions pas un élément perdu à l'extrême périphérie d'une distribution avec la richesse de cette distribution.(...) L'être humain est un pur produit du hasard, et non le résultat inéluctable de la directionnalité de la vie ou des mécanismes de l'évolution.(...) Lors de n'importe laquelle des centaines de milliers d'étapes de la séquence particulière qui a donné l'être humain actuel, toute variation infime et parfaitement plausible aurait produit un résultat différent, et aurait précipité l'histoire sur une autre trajectoire qui n'aurait jamais conduit à homo sapiens, ou à toute autre créature dotée d'une conscience.(...) Si un énorme corps extraterrestre – dernière balle perdue provenant du ciel – n'avait pas déclenché l'extinction des dinosaures, il y a soixante-cinq millions d'années, les mammifères seraient encore de petites créatures, marginalisées dans un monde de dinosaures, et incapables d'acquérir une plus grande taille pour loger un cerveau suffisamment gros pour engendrer une conscience.»