Max Stirner

 

 

«Une longue époque a passé, pendant laquelle on se contenta de l’illusion d’avoir la vérité, sans jamais se demander sérieusement si l’on ne devrait pas être soi-même vrai pour posséder la vérité.» Car, «cet égoïsme, que Vous ne voulez pas vous avouer, que Vous vous dissimulez à vous-même, n’étant ni manifeste ni notoire et par conséquent inconscient, n’est pas de l’égoïsme, mais servitude, service et négation de soi.» Avec le protestantisme, «la servitude est devenue, comme la foi elle-même, plus intérieure.» Aussi, «le protestantisme tient-il pour sacré tout ce dont sa conscience ne peut se défaire et rien ne saurait mieux définir son caractère que le qualificatif de consciencieux.» Ainsi, «chez Hegel, apparaît (…) clairement quelle nostalgie des choses ressent précisément l’homme le plus cultivé et quelle horreur il a de toute “théorie creuse”. Il faut chez lui qu’à la pensée corresponde absolument la réalité (…). C’est ce qui a valu à son système d’être tenu pour le plus objectif, comme si la pensée et la chose y célébraient leur union, alors qu’il ne représentait justement que la suprême violence de la pensée, son plus grand despotisme et son pouvoir absolu, le triomphe de l’esprit et, avec lui, de la philosophie.»