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Daniel Zagury s’oppose à l’idée simpliste que “l’homme normal n’est pas un délinquant, car il obéit instinctivement à la loi”. Il admet cependant que «cette méfiance et cet embarras mêlés lorsque nous évoquons la normalité font dire à l’opinion commune que “pour le psychiatre, tout le monde est fou”.» Il s’agit en fait de repérer la “fausse normalité“ de «ces sujets au “faux selfhypertrophié (…) qui s’accrochent à la norme socio-idéale, en se demandant sans arrêt “comment font les autres” ? en cherchant à tout prix l’adaptation, voire la sur-adaptation, incapables de réaliser leur propre programme, d'advenir à ce qu’ils sont.» Il en vient à suggérer que ce sont eux qui auraient besoin d’être soignés, mais qu’il est préférable de «laisser ceux qui se disent normaux bénéficier de ce “symptôme qui apporte le plus de bénéfices secondaires”, puisqu’ils ne demandent rien.» En définitive, l’opinion la plus sage semble être celle de L. Gardies: «A mon avis la pierre de touche de la santé mentale n’est pas l’adaptation en soi, mais la capacité à procéder à des réadaptations successives, sans perdre le sentiment de sa propre continuité dans le temps.»