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L' Homo mysticus du XXIème siècle «commence à se faire une place au moment où nous nous trouvons dans un vide inquiétant de modèles disponibles, après avoir connu ceux du chevalier au Moyen Age, de l’honnête homme et du gentleman aux siècles postérieurs. En Orient, c’étaient le sage ou le samouraï.» De nos jours, le courant du «développement personnel entretient ainsi l’espoir, probablement chimérique, que l’on pourrait se conduire à la fois comme un battant et un sage, un homme d’affaires et un yogi, un capitaine d’industrie et un maître spirituel.» Jean Vernette qualifie de "matérialisme mystique", «un mysticisme sans mystère et sans foi, un mysticisme de l'immanence.» On peut soutenir, en effet, que «ce que les mystiques expérimentent, c’est la présence de l’absolu. Or, si l’absolu est là, on n ’a pas besoin de l’Église, ni même de religion. Inversement, ne pas croire en Dieu, cela n’impose pas de renoncer à toute vie spirituelle, ni même à toute expérience mystique.» Partant, on demandera: «A quoi bon croire, quand on peut connaître ? Espérer, quand on peut aimer ? Prier, quand on peut contempler ? C’est la différence entre le sage et le saint. Qu’est-ce que la sagesse, sinon une spiritualité laïque ?»