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Selon Jean-Marie Vaysse, le fait «que la religion relève désormais de la sphère des opinions privées signifie que la compréhension que nous avons de nous-mêmes n’est plus ordonnée à une altérité transcendante ayant force d’instituant symbolique. La question devient alors la difficulté à être soi, à légitimer son ipséité. C’est en ce sens que la question de la folie revêt une acuité particulière, comme si la question leibnizienne “pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?” devenait véritablement insupportable, lorsqu’elle devient une question du type: “pourquoi moi suis-je là ?”» Déjà avec Leibniz et Kant l’idée s’imposa que «la nécessité logique ne suffit pas à exprimer la totalité» et que «seule l’harmonie permet de constituer cette nécessité en système.(…) Aussi la raison exige-t-elle l’idéal d’une totalité. Il appartient alors à la faculté de juger d’assurer le passage de l’entendement à la raison.» Toutefois, «comme telle l’unité finale demeure une idée régulatrice et ne saurait donner lieu à une connaissance.» Cela conduit à considérer avec Lacan que «l’identité est toujours imaginaire et n’est pensable que selon sa référence à l’Autre comme signifiant qui ne nous livre aucun sens ou aucune vérité qui serait celle d’un moi profond.»