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Serge Tisseronconsidère que«la honte est une expérience catastrophique parce qu’elle menace en même temps les trois piliers sur lesquels est bâtie notre identité. Il s’agit de l’estime que chacun se porte à lui-même, de l’affection qui le lie à ses proches et de sa certitude de faire partie d’un groupe dont l’horizon est toujours l’ensemble des hommes.(…) La culpabilité, elle, menace l’estime de soi et l’assurance de bénéficier de l’affection de ses proches, mais n’atteint jamais le sentiment d’appartenance.» La meilleur défense serait d’opter pour l’humour, car «à l’opposé de la honte imposée à autrui, l’humour témoigne de la capacité à jouer avec sa propre honte et à la mettre en scène de façon libératrice.» Il fait remarquer que «ceux qui rient ensemble sont plus proches les uns des autres.» Il critique toutefois la valorisation de la résilience comme attribuable à un trait de personnalité, car «si on qualifie de “magnifiques” ceux qui ont résisté aux traumatismes – parfois pour des raisons liées à leur environnement bien plus qu’à leurs capacités propres –, que dira-t-on de ceux que les épreuves ont fini par écraser ? Qu’ils sont “laids” ? »