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Selon Peter Sloterdijk, «l'impératif absolu "Tu dois changer ta vie" se concrétise en un impératif ascétique ou perfectionniste: "Comporte-toi à tout moment de telle sorte que le récit de ton devenir puisse servir de schéma pour une histoire de perfectionnement généralisable !"» Car, «les petites forces humaines peuvent l'impossible pour peu qu'elles soient démultipliées par le chemin plus long de l'exercice.» Mais, «seules les natures joyeuses considèrent l'élévation (...) aux altitudes d'une "société" mondiale intégrée de manière opérationnelle comme un projet qui leur donne une nouvelle vitalité.(...) Les moins heureuses ont l'impression que l'être-dans-le-monde n'a encore jamais été aussi fatigant.» En effet, «dans la mesure où les hautes civilisations élèvent les prestations exceptionnelles au rang de conventions, elles produisent une tension pathogène», à laquelle les individus «ne peuvent plus répondre qu'en constituant un espace interne d'esquive et de simulation, et donc une "âme".» Toutefois, «cet intérieur ressemble plutôt à une inflammation chronique de la perception de soi, provoquée par une demande excessive.» La tentation est forte dès lors de «donner la primauté au divertissement et, pour le reste, compter sur la certitude que ce qui doit arriver arrivera.»