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Les pragmatistes «pensent que la recherche de la certitude, même si on la considère comme un but à atteindre à long terme, n'est qu'une tentative de fuir le monde.» Ils rejettent de même «l'idée que l'on puisse "découvrir la nature intrinsèque de la réalité physique" et celle que l'on puisse "clarifier nos obligations morales inconditionnelles", parce que l'une et l'autre présupposent l'existence de quelque chose de non relationnel, quelque chose qui serait à l'abri des vicissitudes du temps et de l'histoire, quelque chose que n'affecteraient pas les variations des intérêts et des besoins humains.(...) Il faut cesser de se préoccuper de savoir si ce que l'on croit est bien fondé, et commencer à se demander si l'on possède une imagination suffisante pour inventer des alternatives intéressantes à nos croyances présentes.» Dans ce sens, une pensée antidualiste, en évitant de faire «d'une différence importante de degré un dualisme métaphysique,(...) en rejetant la distinction essence – accident, et en effaçant les frontières de l'esprit et de la matière» privilégie «la continuité sur les clivages de toutes sortes, ainsi que la production du nouveau sur la contemplation de l'éternel.»