img081

Avec Claude Rivière on conviendra que «le rite institue en ce qu’il sanctionne et sanctifie un ordre établi.» Dès lors, «le sacré religieux, comme le sacré politique ou social» désignerait «le mythe ou l’assurance intime (…) d’une totalité qui assumerait la charge de ce dont je ne suis pas responsable. Manière de théoriser l’impuissance.» Car, «cette force fascinante et terrifiante, les peuples lui attribuent des contenus divers: génies, Dieu, Auguste, valeurs métaphysiques, puissances supérieures mythifiées appartenant au domaine de l’indicible, inatteignable et informulable, de l’impératif catégorique, de l’inquestionnable institué, de l’arbitraire postulé, mais reportant en réalité dans l’invisible les raisons de l’ordre social et cosmique.» À cet égard, «une grande leçon de la modernité est celle de la distance critique. Je joue à croire que vous me croyez en pratiquant mon rite d’écriture. Et si vous êtes à cette fin de chapitre, sans doute croyez-vous un peu à ce que je dis, en pratiquant votre rite de la lecture inclus dans les rites de loisir. Moyen de se conforter mutuellement en se donnant l’impression d’une action pas totalement inutile !»