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«La connotation religieuse qui imprègne les représentations de l’ADN (...) alimente les narrations typiques de l’essentialisme génétique pour lesquels cette structure moléculaire possède des facultés mystiques. En fait, l’ADN a acquis un statut culturel semblable à celui de l’âme dans la Bible.» De sorte que «l’ADN semble être la notion pertinente pour examiner les problèmes de la morale, de la personnalité et du statut social des individus.» En effet, «le génome se présente comme une structure “solide” et inaltérable à laquelle on peut se référer pour bien marquer les frontières entre l’homme et l’animal, l’homme et la machine, moi et l’autre, “eux” et “nous”.» Ainsi, d’un côté on espère «que la découverte de gènes de la dépression ou de gènes responsables d’autres maladies mentales pourra réduire le stigmate social attaché au fait d’être différent.» Mais d’un autre côté, on imagine que «ce genre de découverte pourrait affecter le droit de procréer pour les malades mentaux.» D’autant que se profile un “contrôle positif” de la reproduction grâce à une «Banque du choix germinal, une banque de sperme proposant l’ADN “d’individus supérieurs”.»