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«Comment être libre quand une grille explicative implacable nous interdit de concevoir le monde d’une façon différente de celle imposée par les automatismes socio-culturels qu’elle commande ?» En effet, «pour agir il faut être motivé et nous savons que cette motivation, le plus souvent inconsciente, résulte soit d’une pulsion endogène, soit d’un automatisme acquis et ne cherche que la satisfaction, le maintien de l’équilibre biologique, de la structure organique.» Ainsi, l’individu normal «reste persuadé de son dévouement, de son altruisme, cependant qu’il n’a jamais agi que pour sa propre satisfaction.» Notamment, «on lui apprend à “servir” , autrement dit on lui apprend la servitude à l’égard des structures hiérarchiques de dominance.» À force, «cette servitude devient alors gratification.» D’autre part, «le conflit qui s'établit dans nos voies nerveuses entre les pulsions et l’apprentissage de la punition (…) mettra en jeu une réaction endocrino-sympathique, préjudiciable, si elle dure, au fonctionnement des organes périphériques.» Étant donné un tel “système inhibiteur de l’action“, «il ne reste plus que la soumission avec ses conséquences psychosomatiques, la dépression ou la fuite dans l’imaginaire des drogues et des maladies mentales ou de la créativité.»