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Mélanie Klein s'attache à montrer que c'est «le pouvoir de connaître la gratitude qui doit apporter le bonheur et nous délivrer de la rancune et de l'envie.» Elle note que «lorsque l'amour peut être suffisamment rapproché de la haine et de l'envie (...) ces affects deviennent supportables et diminuent d'intensité.» En particuliers, «l'angoisse, qui correspond à la crainte de détruire l'objet aimé par des sentiments hostiles, décroît lorsque ces sentiments sont mieux reconnus et se trouvent intégrés à la personnalité.» Mais, «rares sont ceux qui, suffisamment tolérants, peuvent supporter une accusation – même implicite – qui chercherait d'une certaine façon à les rendre coupables.» En revanche, «le monde extérieur réagit de façon très différente lorsque l'angoisse de persécution se fait moins intense et que la projection, en attribuant aux autres des sentiments bienveillants, ouvre la voie à la sympathie.» En effet, «il faut pouvoir ressentir la joie pour être capable de cette résignation qui permet de prendre plaisir à ce qui est effectivement disponible.» Ainsi, «celui qui peut se réjouir généreusement de la créativité et du bonheur des autres ne souffre pas des tourments de l'envie, de la revendication et de la persécution.»