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Pour Carl G. Jung, «l’instinct religieux, qui fait que l’être aspire à sa totalité, joue dans la conscience collective de notre époque le rôle le plus effacé.» Entre autre, l’homme d’aujourd’hui «ne sait même pas qu’il dépend complètement, dans son conscient, de la coopération de l’inconscient.» En fait, «si l’on acquiert une connaissance de soi plus précise et plus sûre, on se voit souvent confronté avec les problèmes les plus lourds, à savoir les conflits de devoirs, dont la solution ne relève d’absolument aucun paragraphe de loi, pas plus ceux du Décalogue que ceux de quelque autre autorité. Ce n’est d’ailleurs qu’à partir de ce moment que commencent vraiment les décisions éthiques.» Or, «jusque là, c’était le moi qui aimait à se prendre pour l’être tout entier, et c’est pourquoi il éprouve la plus grande peine à échapper au danger de l’inflation.» Aussi, «en face de ce danger, un seul recours: s’abandonner à une émotion qui, bien loin d’oppresser et de détruire l’individu, l’achemine vers sa plénitude.(…) Tout ce que nous pouvons escompter et tenter avec le conscient consiste, au maximum, à nous glisser dans la proximité du déroulement inconscient; arrivés là, nous ne pouvons plus qu’attendre et nous efforcer d’observer la suite des événements.»