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Nicolas Guéguen se pose la question: «La liberté d'agir dans nos démocraties avancées ne serait-elle pas l'arme absolue des manipulateurs ? Croyant agir en toute liberté, nous serions, en fait, manipulés par celle-ci. On rappellera que le sentiment de liberté associé à un comportement émis par une personne est (...) une des conditions favorisant l'engagement et donc la probabilité qu'un individu émette le comportement attendu par une personne.» En effet, «l'engagement serait le lien qui unit l'individu à ses actes. De fait, en s'engageant, même verbalement, on active une pression de nature psychologique qui nous conduira à tenter d'accomplir ce à quoi on s'est engagé. Il en va de même des actes que nous avons commencés à accomplir.» Par ailleurs, «l'individu tire de l'examen de ses comportements les traits et attitudes qu'il possède. Si un comportement est émis en l'absence de pressions externes, il est imputé à des dispositions internes.» De sorte que «flatter l'ego par une étiquette positive peut donc s'avérer redoutable car le trait activé a une forte propriété engageante en raison du besoin du sujet à agir en cohérence avec ce trait.»