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in Mécanismes mentaux,mécanismes sociaux (collectif)

 

La “théorie mimétique“ «insiste sur le suivisme universel, sur l’impuissance des hommes à ne pas imiter les exemples les plus faciles, les plus suivis, parce que c’est cela qui prédomine dans toute société.» De fait, «en s’engouffrant dans la direction déjà choisie, les mimétiques, les mimic men se félicitent de leur esprit de décision et de liberté. Il ne faut pas se leurrer. Dans une société qui ne lapide plus les femmes adultères, les hommes n’ont pas beaucoup changé. Il y a toujours prolifération de scandales et expulsion cathartique du désordre par l’intermédiaire de mécanismes sacrificiels non perçus en tant que tels.» Mais, «les philosophes ont détaché artificiellement l’imitation de tout ce qu’on peut nommer désir, appropriation, dynamisme individuel, élan vital, projet existentiel, etc. (...) Il faut montrer que l’être auquel l’homme aspire est toujours celui d’un modèle.» Il faut donner à «ce qui n’est pas mécanique et pourtant ne diffère pas du tout dans sa forme de ce qui l’est, un relief que la libre décision n’a pas chez les penseurs qui ont toujours la liberté à la bouche et de ce fait même, croyant l’exalter, la dévaluent complètement.»