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«La prise de conscience de l’activité mentale est le plus souvent facultative (elle n’est pas nécessaire à l’exécution des opérations mentales).» C’est surtout «l’écart entre effets attendus et réalité» qui «déterminerait donc la prise de conscience, le traitement de données plus étendues sur la situation, permettant l’ajustement de l’action.» Au reste, «cette attribution subjective d’intention, que nous opérons en permanence pour donner sens à nos actions, ne témoigne donc pas toujours des motifs initiaux de nos actes, mais plutôt d’une interprétation opérée après coup et en tenant compte de la situation.» Or, «la schizophrénie montrerait une sorte de dissociation entre les actes et leurs intentions, un trouble de la conscience des intentions d’agir.» De fait, nous pouvons douter «de la justesse ou vérité de notre pensée. Mais nous ne pouvons douter de la “réalité” de cette pensée, du fait qu’elle s’est produite, que nous l’avons éprouvée.» De ce point de vue, «il manquerait dans l’actualisation délirante une modalisation, du type “je crois” ou “je désire”, marquant en quelque sorte la position du sujet par rapport à l’acte mental. Disparaîtrait alors l’écart entre la représentation d’un fait et le fait lui-même, entre l’acte mental et ce qu’il représente.»