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La dépersonnalisation est «un état où l’individu ne se reconnaît pas lui-même comme une personnalité. Ses actions lui semblent automatiques. Il observe ses propres réactions comme un spectateur.» Cela concerne surtout des «sujets ayant organisé un personnage de surface en quelque sorte idéalisé. Ceci est le plus évident lorsqu’il s’agit de personnalités hystériques, comédiens de leur propre personnage, ou de personnalités schizoïdes, ces rêveurs éveillés à la recherche d’un personnage et d’un rôle imaginaire. Tout se passe comme s’il y avait un décalage entre le personnage idéal désiré et souvent apparemment réalisé et la réalité profonde de la personne que les conjonctures à un moment donné révèlent comme impuissante à tenir son masque ou son rôle.» Dans ces conditions, «le moi structuré aussi dysharmonique qu’il soit par rapport au moi structurant, ne permet pas de prise de distance, de libération, voire d’humour par rapport à soi-même.» A l’opposé, «les sujets profondément engagés dans la lutte pour l’existence sur la base d’une conscience aiguë des réalités sociales objectives, paraissent généralement peu prédisposés à la dépersonnalisation.»