img025

in Mécanismes mentaux, mécanismes sociaux (collectif)

 

«Le cerveau a besoin d’information sur ses propres activités, mais il n’est pas assez malin pour se comprendre lui-même dans toute sa complexité. C’est pourquoi il a construit (…) des séries d’illusions de l’utilisateur pour lui-même. Et c’est ce qu’est la conscience, à mon sens.» Dans cette idée, «songeons à l’enfant, qui se dit qu’il est tel personnage, qu’il fait ceci ou cela: c’est là une pratique universelle. Nous autres adultes le faisons plus élégamment: en silence, tacitement, sans le moindre effort, en prenant note des différences entre nos fantaisies, nos reconstitutions et nos réflexions sérieuses.» Cependant, «si un moi n’est pas une chose réelle, qu’advient-il de la responsabilité morale ? (…) S’il n’y a pas de “bureau ovale” dans le cerveau, abritant une autorité suprême à laquelle on peut faire appel de toutes les décisions, la menace semble alors peser d’une bureaucratie kafkaïenne d’homoncules, qui répondent toujours (…): “Ne me blâmez pas. Je ne fais que travailler ici.”» Cela dit, «une perle cérébrale (…) un fantôme dans la machine, intrinsèquement responsable, est une babiole pathétique à brandir comme un gri-gri face à cette menace.»