img024

Selon Alain de Botton, «la compagnie des snobs a le pouvoir d’exaspérer et d’attrister parce que nous sentons que bien peu de ce que nous sommes en profondeur (c’est-à-dire, de ce que nous sommes en dehors de notre statut social) sera capable d’influer sur leur attitude envers nous.» Autrement dit, «peut-être ce caractère conditionnel de leur estime ou affection nous peine-t-il parce que l’amour adulte garde pour modèle l’amour inconditionnel d’un parent pour un enfant.(…) Ce n’est que plus tard, quand on grandit, que l’affection commence à dépendre de ce qu’on s’avère capable d’accomplir: être poli, réussir à l’école et, une fois adulte, acquérir distinction et prestige.» Et en effet, «avec l’émergence d’une méritocratie économique, les pauvres cessèrent, dans certains milieux, d’être considérés comme des “malheureux” suscitant la mauvaise conscience et la charité des riches, pour être considérés comme des “ratés”.» Car, «les réussites ne sont pas attribuées, comme dans le passé, à la chance, à la providence ou à Dieuce qui reflète la tendance des sociétés laïques modernes à croire plutôt au pouvoir de la volonté individuelle.»