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«Au lieu d’envisager nos idées comme nos propres créations, travaillant pour nous», on peut très bien les envisager «comme des mèmes autonomes et égoïstes, qui n’œuvrent que pour se faire copier.» De fait, «nous pensions autrefois que le dessein biologique nécessitait un créateur, mais nous savons aujourd’hui que la sélection peut concevoir la totalité de ce dessein toute seule. De même, nous croyions jadis que le dessein humain nécessitait un concepteur conscient à l’intérieur de nous-même, mais nous savons aujourd’hui que la sélection mémétique peut s’en occuper toute seule.» Car, «des cerveaux qui pensent intelligemment, équipés d’un grand nombre de mèmes, sont tout à fait capables de prendre des décisions solides sans qu’il y ait un moiplexe pour les brouiller.» Surtout que, «par sa nature même, le moiplexe fait surgir la récrimination contre soi, le doute de soi, l’avarice, la colère, et toute une panoplie d’émotions destructrices.(…) Dans ce sens, nous pouvons véritablement être libres – non parce que nous sommes capables de nous rebeller contre la tyrannie des réplicateurs égoïstes, mais parce que nous savons qu’il n’y a personne pour se rebeller.»